Les niveaux d'intrevention du porgramme

Analyse et commentaires des termes de référence

Nous commentons les objectifs et notre compréhension des TdR et des missions que l’équipe d’experts de l’UAP aura à réaliser pour la mise en œuvre du programme AFEQ. Cette analyse a été enrichie au cours de la phase de démarrage lors des différentes réunions techniques qui se sont tenues avec les bénéficiaires de chaque composante.

L’adéquation entre différents acteurs 

Les objectifs sont très clairs et leur articulation parfaitement logique. Le terme clé est l’adéquation entre différents acteurs du système éducatif d’un côté (formation, formation professionnelle, enseignement supérieur) et ceux du secteur économique (en particulier les entreprises) de l’autre. C’est une opération complexe qui affecte plusieurs niveaux pour renforcer l’efficience du système éducatif en amont en supposant que l’employabilité et l’emploi seront eux-mêmes renforcés qualitativement et quantitativement en aval. Ces différents niveaux sont au sein des différentes institutions, agences, ou centres de formation : les structures, les personnels, les outils de gestion et de dialogue, les curricula, les missions, les réseaux.

Or, cette mise en adéquation ne repose pas seulement sur les outils que sont les cadres de qualification, les référentiels métiers et les référentiels de formation, les bases de données métiers et les descripteurs, les organes d’appui à l’emploi (ANEM, OPAP, ANSELJ, CAAL, BLEU.), mais aussi sur des personnes dont il faut renforcer les capacités opérationnelles et méthodologiques et qu’il faut accompagner.

Le défi posé par ce programme réside dans la mutation des pratiques et dans l’instauration d’un dialogue inédit entre le monde éducatif et académique et le monde du travail, mondes qui durant des décennies n’ont pas eu besoin de communiquer, de s’articuler ni de s’aligner, car le chômage n’était pas une réalité qui menaçait les équilibres sociétaux. Deux mondes qui avaient leurs logiques, leurs pratiques et leurs missions. Celle du monde éducatif était de former – l’esprit, entre autres – des futurs citoyens. Or, à l’échelle mondiale, et cela est donc vrai de l’Algérie, une mutation de taille est en cours depuis une quinzaine d’années, qui réclame au secteur éducatif d’être pragmatique, efficiente et de former les élèves et les étudiants à leur avenir professionnel et à l’exercice de leur métier. De plus, l’autre défi lancé au secteur indicatif est d’adapter ses formations à la demande du marché du travail, en allant jusqu’à pouvoir suivre en temps réel les besoins émergents et les nouveaux métiers qui voient le jour. C’est là un défi de taille pour le monde éducatif dont le rythme n’est pas celui des marchés économiques. Cet aspect-là de l’adéquation suppose des moyens inédits, des prises de risques, des analyses de marché, autant d’éléments qui ne font pas partie des pratiques actuelles de l’École (formation professionnelle et enseignement supérieur) et qu’elle va devoir apprendre et s’approprier si elle souhaite s’ouvrir sur le monde du travail. La création au niveau du Gouvernement d’un comité de suivi de la relation Université-Entreprise (SIVAU) est le signe le plus manifeste de cette volonté d’ouverture et le programme AFEQ devrait profiter utilement de ce signe politique envoyé aux Universités, pour renforcer et coordonner leurs structures œuvrant dans la relation avec les entreprises.

Il convient également de noter que la nouveauté dans les pratiques visant à améliorer l’employabilité et l’adéquation formation-emploi ne consiste pas uniquement dans le fait que l’École s’ouvre au monde du travail, mais que le monde du travail vienne et s’implique à l’École. Ainsi, la relation Université-Entreprise, par exemple, doit être construite dans les deux sens. C’est parce que les professionnels s’impliqueront dans la définition de l’offre de formation, dans la définition des compétences attendues des futurs diplômés que se verra une amélioration de l’adéquation formation-emploi. Ainsi, il faut confier d’autres missions aux structures existantes comme les BLEU ou les incubateurs qui sont plutôt des éléments de dialogue de l’Université vers l’Entreprise, où il faut mettre en place les conditions d’émergence de la relation Entreprise/Université, tout comme pour les CFPA.

Le renforcement des capacités des personnels et des acteurs en charge de l’éducation, de l’emploi et des professionnels du secteur économiques

Il convient, pour assurer une réussite des objectifs du programme de renforcer les compétences des différents acteurs mais aussi de les accompagner et de les former au changement. Cet aspect se traduit par le nombre et la variété des formations destinées à ces personnels, pour les trois composantes, qu’il s’agisse des agences de l’emploi (cadres de l’ANEM et personnels des agences locales, OPAP, DEW, DGEI), des personnels responsables de CFPA, des CAAL ou des entreprises, et enfin les personnels des BLEU, des incubateurs ou des pépinières. A ces personnels « techniques ou administratifs », s’ajoutent des formateurs et des enseignants. La méthodologie proposée s’appliquera à adapter les formations en fonction du type de personnel à former, conformément à sa mission et à son statut.

Les trois niveaux d’intervention du programme

 

L’essentiel des activités à déployer dans le cadre du projet concerne les Wilayas pilotes, donc le niveau local, à partir duquel les meilleures pratiques ou les actions innovantes qui seront conduites devront être transposables à l’ensemble du secteur et aux autres Wilayas. Tous les Ministères ont insisté lors des réunions préliminaires sur la nécessité de penser la généralisation du programme AFEQ. L’UAP a bien entendu cette demande et a prévu de mettre en place des dispositifs de généralisation, dont le premier est décrit dans le livrable 0.1.A.5 et consiste en un système informatisé, pérenne d’archivage et de gestion de la documentation, des guides, des outils générés par les autres programmes d’aide au développement et ceux qui seront produits par le programme AFEQ lui-même.

Les domaines d’intervention du programme

Les domaines d’intervention sur lesquels doivent porter les missions d’appui de l’UAP sont regroupés en grandes familles :

  • Appui à la gouvernance, au pilotage et à l’opérationnalité des agences ou des cellules, type (ANEM, DEW, OPAP, CAAL, CFPA, BLEU, observatoire des métiers, incubateurs, clusters…) ;
  • Appui à la consolidation ou à la création d’outils d’adéquation de la formation-emploi, tels que les référentiels métiers, les référentiels de formation, les cadres de qualification, les portfolios, les fiches de suivi des stages, les bases de données (emploi), entreprises, stages, etc., ainsi que les outils d’évaluation, nécessaires à l’actualisation en temps réel des dispositifs ;
  • Appui à la consolidation du dialogue secteur éducatif – secteur socio-économique, par d’autres moyens que les précédents.